Des perspectives réjouissantes pour la nouvelle saison

 

Ce printemps, on sent bien l’enthousiasme et l’impatience chez les pêcheurs de saumon et les écologistes. Une nouvelle saison de pêche au saumon se pointe et chacun est désireux de voir si l’amélioration progressive qui a été observée ces dernières années dans la migration du grand saumon et du madeleineau en provenance des rivières de l’Est canadien et du Maine se maintient. Après avoir atteint un creux historique de 2001, le stock de saumon atlantique sauvage a commencé à augmenter jusqu’à l’an dernier, où l’on a connu la meilleure année depuis plus de 30 ans. En effet, une migration accrue du saumon associée à de bons niveaux d’eau dans la plupart des rivières ont permis aux pêcheurs de connaître leur meilleure saison (et d’attraper les plus belles prises) depuis longtemps. Le plus encourageant dans tout cela, c’est que les scientifiques prédisent que la tendance favorable va se poursuivre cette année.

Il n’y a pas de raison ou de cause unique pour expliquer la croissance du nombre de saumons pas plus qu’il y en a une seule qui en justifie le déclin. Toutefois, il est évident que les efforts de conservation déployés par la Fédération du saumon atlantique (FSA) contribuent à changer la donne. La plupart des scientifiques sont d’avis que de meilleures conditions d’eau douce, attribuables en grande partie aux travaux d’amélioration de l’habitat du poisson réalisés par nos dévoués bénévoles, associées à une meilleure survie du saumon en mer constituent les facteurs les plus importants de l’augmentation de la ressource.

 

Bill et sa fille Kelsey remettent à l’eau un beau saumon capturé dans la rivière Bonaventure

Je ne peux m’empêcher d’être enthousiaste et optimiste en ce qui concerne le saumon atlantique sauvage quand je pense au leadership dont fait preuve la FSA envers le mouvement pour la conservation du saumon. La Fédération a notamment contribué à l’entente de conservation conclue avec le Groenland et grâce à laquelle la pêche commerciale au saumon est suspendue dans ce territoire depuis 2002, ce qui a sauvé la vie à des dizaines de milliers de gros reproducteurs qui ont pu revenir dans nos rivières. Notre recherche sur la surveillance du saumoneau, effectuée dans les rivières Cascapédia, Restigouche et Miramichi, jette un nouvel éclairage sur les migrations du saumoneau et sur la survie du saumon en mer. Par ailleurs, les pêcheurs font leur part en appuyant les organismes locaux de protection des rivières et en pratiquant la pêche avec remise à l’eau. Il ne faut pas sous-estimer la contribution importante que nous, les pêcheurs, apportons à la survie de l’espèce en remettant à l’eau délicatement chaque grand saumon et madeleineau que nous avons la chance d’attraper. L’an dernier, les pêcheurs ont capturé plus de 91 000 madeleineaux dans l’Est du Canada et relâché plus de 50 000 d’entre eux. Ils ont également pris plus de 40 000 grands saumons, mais tué 4 141 d’entre eux, et ce, dans les rivières du Québec uniquement. Nous pouvons et devons faire mieux que cela. L’an dernier, les pêcheurs ont tué plus de saumon atlantique que ne l’on fait  nos Premières Nations et les Groenlandais réunis.

Si l’on veut que les autres utilisateurs de cette précieuse ressource respectent la restriction relative à la remise à l’eau, il nous faut tout d’abord prêcher par l’exemple. J’ai appris lors de mes visites au Camp Bonaventure et à Salmon Lodge que leurs guides hors pairs et les pêcheurs soucieux de la conservation de la ressource qui fréquentent ces deux fantastiques établissements comprennent et respectent cette pratique.

Je vous souhaite la meilleure des saisons de pêche et des remises à l’eau réussies!

Bill Taylor

Président, Fédération du saumon atlantique